Partager son art : s’ouvrir au monde
L’envie de partager
Artiste : qu’est-ce que cela signifie ? L’identité est multiple, tout comme la manière dont chacun se présente au monde…
Entre vlogueur et blogueur, je me suis toujours sentie plus à l’aise avec l’écriture qu’avec l’oral. J’ai d’ailleurs, plus jeune, écrit des histoires en ligne et tenu un blog… une époque révolue mais impactante puisque c’est ainsi que m’est venue l’envie de créer cet espace “Journal” ! Pour moi, un onglet “Actualités” me semblait trop réducteur. Je veux un espace plus vivant, où l’on trouve certes mes annonces et événements, mais aussi avoir un aperçu plus authentique de ma personne et de ma vision. En effet, écrire me fait du bien : j’ai un journal pour ma vie personnelle, alors pourquoi ne pas en avoir un aussi pour ma vie d’artiste ?
Ce qui m’amène à un premier sujet qui m’est cher : oser se lancer à partager son art !
Il y a un moment où - peut-être - créer ne suffit plus à lui seul. Pendant des années, on dessine pour soi, on remplit des carnets, on accumule des piles de papiers, on brode, on fait de la poterie… On aime ce plaisir intime, jusqu’au jour où naît une envie plus discrète, mais tenace : partager. Et c’est là que tout se complique… Et oui, car partager son art ne consiste pas seulement à montrer ce que l’on fait. C’est aussi se confronter au monde.
Le passage à l’acte
Il m’a fallu 25 ans pour m’autoriser à franchir ce pas. Du temps pour questionner sur ce que je garde d’intime et ce que je choisis de montrer (un sujet en soi, complexe…). C’est ainsi que j’ai fais la demande du statut d’artiste-auteur le 12/12/2025. J’ai accepté de franchir le pas et de partager une partie de mon art, mais pas l’ensemble de ma création. J’ai compris que l’art est pour moi un espace intime, un lieu personnel que je ne souhaite pas entièrement exposer ni tout montrer. Il reste un territoire de liberté et de protection.
[Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’avoir le statut d’artiste-auteur pour partager son art. Créer, exister dans un geste artistique, partager… tout cela peut se faire sans cadre administratif ni validation extérieure. Le plus important reste souvent de commencer à faire, et de laisser la pratique construire, peu à peu, sa propre légitimité !]
L’art, par essence, touche une corde tellement sensible, et il est dans ma nature d’être une personne secrète. Quand on crée, on dépose un fragment de soi dans chaque ligne et chaque couleur. Alors montrer son travail, c’est comme tendre une part de soi imparfaite, profondément sincère, et espérer qu’elle sera accueillie avec douceur !…
C’est sans doute pour cela que j’ai mis du temps à créer ce site entre autre. L’idée d’un espace publié “en cours de construction”… c’est compliqué pour la perfectionniste que je suis. En effet, j’aimerai bien que ce site et mon art existent pleinement, déjà abouti (edit 1 : j’écris cet article alors que le site est encore en “non publié”, edit 2 : finalement, j’ai publié le site et la “galerie” est en cours…). Comme si montrer quelque chose d’inachevé revenait à me dévoiler trop tôt. Comme si je devais attendre d’être prête… alors qu’on ne l’est jamais vraiment ! Et il y a toujours cette petite voix qui me dit : “Tu peux y aller. Tu peux essayer.” Alors on commence, on avance, on hésite, on revient, on recommence... Bref, on apprend simplement à exister, sans recherche de perfection, en restant fidèle à soi ! Et moi, je crée, je construis… en me disant qu’à un moment, je montrerai (edit 2 : le site est publié ! Pas "fini" comme je le souhaitais, mais enfin accessible - et c'est l'essentiel).
Le regard des autres
Mais pourquoi autant d’attente ? La réponse est simple : la peur du regard des autres. Un regard jamais neutre. Parfois encourageant, surprenant, touchant… mais aussi capable de faire douter.
Partager son art, c’est apprendre à exister hors de soi. À laisser ses œuvres vivre ailleurs et à accepter qu’elles soient vues, interprétées, parfois mal comprises, parfois profondément accueillies. Partager son art c’est apprendre à assumer ce que l’on crée.
Hop, pour le plaisir d’ouvrir les classeurs et les photos : un petit collage de dessins depuis mon enfance que j’ai trouvé ! (Oui, dessiner des personnages c’est une de mes autres facettes)
Le courage n’est pas forcément un acte spectaculaire. Être courageux c’est être fidèle à ce que l’on veut créer, même quand le doute s’installe. La peur fait partie du chemin des créatifs. Elle se glisse dans les gestes, dans les décisions, dans les projets. Peur de ne pas être légitime, peur de ne pas être “assez”, peur de se tromper, peur de se montrer… Cette peur n’est pas un signe de faiblesse. Elle est le signe que l’on avance vers quelque chose qui compte !
Oser malgré tout
Oser se lancer à partager son art, ce n’est pas seulement affronter la peur, c’est aussi entrer en relation : avec des personnes qui regardent, avec des personnes qui comprennent, et avec des personnes qui, parfois, se reconnaissent dans ce que l’on crée. Ainsi, c’est ouvrir une porte : vers les autres, vers soi, et vers ce que l’on deviendra en créant au grand jour. Parce qu’au fond, se confronter au monde, ce n’est pas se battre contre lui mais accepter d’y prendre place.
Le monde n’est pas seulement un lieu de jugement. C’est aussi un espace de rencontres, de résonances, de dialogues silencieux. C’est là que la création prend tout son sens : quand elle circule, quand elle touche, quand elle vit ailleurs que “chez soi”.
Enfin voilà… C’est le début de mon aventure !
Clôturons cette article avec ma phrase favorite : DREAM, HOPE, KEEP GOING.

